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vendredi 6 avril 2018

Ce coeur changeant

 CE COEUR CHANGEANT  de Agnès Desarthe
Un roman que j'ai aimé. Bien sûr, sinon je ne vous en parlerais pas... :-)

 Quatrième de couverture 
« Face à la vie, elle avait la même impression que lorsqu'elle regardait le paysage défiler par la fenêtre du train : si elle était dans le sens de la marche, le panorama semblait se jeter sur elle, et ses yeux affolés ne savaient à quel détail s'attacher ni quelle ligne suivre. Elle se sentait écrasée par l'image qui ne tenait pas en place, ne cessait de se transformer. Assise en sens inverse, elle retrouvait son calme et contemplait l'horizon jusqu'à sombrer dans le sommeil. Alors... alors, songeait-elle, peut-être pourrait-on dire que c'est la même chose lorsqu'on regarde soit en direction de l'avenir, soit vers le passé. Peut-être est-ce pour cela que j'ai tant besoin de mes souvenirs. »
Née à l'aube du XXe siècle, Rose débarque à Paris à 20 ans et se trouve projetée dans un univers totalement inconnu. L'affaire Dreyfus, puis la guerre de 14 éclatent. Les années folles se succèdent. Les bas-fonds, la vie de bohème, la solitude... Rose risque à tout moment de tomber.

Usant de toutes les ressources du romanesque, Agnès Desarthe mêle le murmure de l'intime et le souffle de l'Histoire dans ce grand livre baroque qui signe son retour à la fiction.

 Extrait  
« Elle protégeait les yeux de sa fille endormie, souriait aux autres voyageurs et regardait un instant le paysage fuir loin d'elle, car elle prenait soin de s'asseoir en sens inverse de la marche. C'était ainsi qu'elle avait toujours voyagé, songeait-elle, sans regarder vers l'avenir qui se précipitait sur vous comme une bête sauvage, mais plutôt tournée calmement vers le passé dont on parvenait à retenir certaines bribes tandis qu'il défilait à l'envers, jusqu'au néant. Se souvenir, quel luxe. Errer languissamment dans ces régions révolues qui n'attendaient rien de vous, n'appelaient aucune décision, aucun arbitrage. Le passé, une contrée qui ne s'offrait qu'à la contemplation. Elle se laisserait porter, à rebours si possible. Elle aurait voulu que le train roulât en sens inverse du temps, ainsi atteindrait-elle la stase, l'endroit de perfection, un sommet de la vie. Ida et moi dans le train, entre Paris et Sorø, pour toujours, proches encore de ce que nous quittons, loin cependant de ce qui nous attend. »

6 commentaires:

  1. Ce temps qui part et qui cède sa place au nouveau mais nos vies sont entre ces deux périodes illusoires. Vive l'instant T.
    Bzzz...

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    1. Oui, le bourdon, vive l'instant T ! :-)
      Bonne soirée, bises.

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  2. Un voyage à travers le temps qui défile entre le passé, l'au jour d'hui, et le futur qui sera.
    Merci Françoise.
    Bisou amical.
    Den

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    1. Je pense que tu aimerais ce livre, Den. :-)
      Bonne soirée, des bisous.

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  3. Réponses
    1. Oui, Ariaga, comme une envie de lire...
      Bonne fin de dimanche.

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Merci pour vos petits mots que j'apprécie infiniment.